Renoncer c’est mourir. Je suis morte une fois, ça n’arrivera plus !

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Je vais et je viens… Et puis plus rien… Ma vie d’auteure freelance n’a sans doute pas changé, me diras-tu ! Toujours trop occupée à écrire, corriger, imaginer, recommencer, écrire, relire, courir d’éditeur en éditeur… Et se retrouver seule, face à son ordinateur, mon plus fidèle ami, mon seul ami même ! Et puis l’autopublication, celle qui demande des heures d’ingéniosité pour faire connaître mes projets. Les refus, les échecs, et le foutage de gueule d’Amazon qui prend les auteurs pour des cons avec leur programme unlimited qui nous rémunère encore moins qu’un chinois qui trime dans une usine de textile !

Bref ; il y a quelques mois, j’avais décidé de stopper cette automutilation mentale en décidant de mettre un terme tout çà ! Ce n’est pas en courant d’échec en échec que l’on remonte la pente glissante sur laquelle nous nous sommes lancés tête baissée ! Sûre de cette décision, je n’ai pas renoncé à écrire. J’ai renoncé à donner de mon temps et de ma patience à des éditeurs castrés, et à filer mes romans à des plateformes qui brassent des millions grâce aux auteurs autopubliés qui se font bouffer le peu qu’ils gagnent par ces mêmes plateformes incapables de protéger nos fichiers comme il se doit !

Cette décision de baisser les bras n’était sans doute pas la meilleure. Et c’est là que le destin intervient ! À peine j’avais lâché le morceau, que je reçois le journal auquel je ne suis pas abonnée (merci monsieur le facteur). Je tombe sur un article qui présente une nouvelle maison d’édition innovante qui cherche des auteurs. Têtu comme une bourrique, je refuse de leur écrire (Non mais oh, pour une fois que je dis non ! On ne va pas me faire faiblir si vite !!!) 5 minutes plus tard, le mail était envoyé ! J’avoue, je suis faible face à mon ambition d’y parvenir et de fermer le clapet de certains !

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Alors échec ou pas ? Et là, le miracle s’est produit. Ce moment tant imaginé est enfin arrivé ! Tu sais, ce moment où l’auteur écoute son répondeur et où il entend la voix de Dieu. (Crois-moi, à force d’échec, celui qui veut enfin s’attarder sur tes projets devient une divinité à tes yeux !)  Quand tu entends les mots : génial, j’ai adoré, j’aimerais en discuter… tu touches plus terre ! Alors tu fais ce que tout le monde ferait : tu rappelles immédiatement ! (Bon avant tu fais une recherche Google pour voir s’il n’y a pas d’arnaques là dessous !) Ça sonne, bordel, cale ta voix et parle sans faire de bug (pfff laisse tomber, j’ai ramé sans qu’il y ait d’eau !)

Ce que tu entends est trop beau pour être vrai ! Première fois que tu te lances dans l’écriture d’une saga jeunesse, et bing on veut de ton roman ! Le rendez-vous est pris à la maison d’édition. Quelques jours plus tard, rendez-vous, tout se passe pour le mieux, même mieux que prévu ! Je ne vais pas publier un tome, mais la saga complète ! Une semaine plus tard, contrat signé, petit verre avec mes éditeurs (je suis repartie dans un état ^^), bref une chance incroyable d’être parvenu à atteindre mon objectif dans des conditions aussi parfaites !

Avec le recul, je prends peu à peu conscience de l’aventure dans laquelle je me suis lancé, mais surtout de la chance que j’ai. J’ai enfin trouvé un éditeur, j’ai signé un contrat (au top) et je bosse avec une équipe géniale qui travaille d’arrache-pied pour embellir cette saga littéraire ! Je me sens forcément privilégiée et me sens soulagée de ne plus faire partie de ces auteurs qui cherchent sans relâche à partager leur passion. J’étais sur le point de renoncer à ce rêve, alors qu’il se trouvait juste derrière une porte… Une dernière porte que je ne voulais pas ouvrir.

Le hasard y est sans doute pour beaucoup dans cette histoire. Sans ce journal que je ne reçois normalement pas, je ne serais pas tombé sur cet article. Je n’aurais pas envoyé le mail. Je n’aurais pas décroché ce contrat. Sans le hasard, j’aurais échoué tout simplement. Je disais toujours qu’il ne faut jamais abandonner, pourtant, je l’ai fait. Aujourd’hui, je suis contente de cette leçon de vie. J’ai failli passer à côté de cette réussite, car je ne supportais plus les multiples échecs (personnels ou professionnels), j’ai eu tort. Il ne faut rien lâcher, il faut se battre jusqu’au bout. Il faut croire en ses ambitions et parfois laisser le hasard vous ramener sur le droit chemin…

Prochain post : présentation de ma maison d’édition.

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1er janvier 2013. Nouvelle année. Nouveau journal.

C’est étrange d’écrire de nouveau. Je pensais que je n’y arriverais plus, que j’avais perdu ce besoin de soulager mon esprit. Mais les mois passent, les événements défilent, et j’ai la sensation d’oublier trop vite. Je suis consciente qu’il est important de se souvenir de chaque épreuve qui me construit. De chaque victoire. De chaque défaite. Je ne peux continuer mon périple sans revenir aux sources, sans noircir ce journal avec l’encre de ma tristesse. Je pensais qu’il s’agissait d’une faiblesse, au contraire c’est toute ma force.

Il ne reste rien de cette fille faible et inutile que j’étais il y a quelques mois. Je l’ai tué à petit feu, la forçant à s’effacer, à me laisser reprendre les rênes de mon existence. Avant j’aurais tout fait pour recevoir un peu d’amour et pour garder ceux que j’aimais. À présent, je m’efforce de ne plus m’attacher à personne, de ne plus montrer ce que j’ai au fond de moi. En affichant mes faiblesses, j’ai causé la mort et la disparition de personnes chères à mon cœur.

Je préférerais être damnée que de montrer ce que je ressens. Mes sentiments ont tué Cyrios. Jamais je ne laisserais une telle chose se reproduire. Je n’aimerais plus personne, je ne peux plus donner, j’ai beaucoup trop perdu. Chaque seconde passée sans Adrian est une torture, comme si j’avais besoin de lui pour respirer. Mais il n’est plus là. Notre séparation me semble remplie de mystère, et je me demande parfois s’il m’a vraiment aimée. La vérité m’importe peu, car sa trahison est impardonnable.

Je n’ai pas d’amis, aucun lien qui me relit à qui que ce soit. Je suis seule et je désire le rester. J’ai hâte de pouvoir écrire tout ce que j’ai appris ces derniers mois, de me poser quelques instants et d’étaler toute cette noirceur. Mes voyages m’ont appris certains faits désappointants, pourtant je suis toujours au point mort. Certains secrets sont difficilement avouables, si bien que chacun s’évertue à garder le silence. J’y ai pourtant mis tout mon cœur, mais aucun n’a osé trahir sa promesse.

J’ai souvent l’impression que je suis la seule à ignorer un détail des plus importants. Tôt ou tard, je découvrirais ce que l’on me cache, je ne perds pas espoir. Cette quête irrationnelle me pousse vers le précipice, j’en suis totalement consciente, mais je me dois d’obtenir des réponses. Sans elles, je ne pourrais survivre. J’ai besoin de savoir qui je suis, de comprendre ce qu’il s’est réellement produit la nuit de ma naissance. J’ai au fond de mon être, un mal qui dévaste mon âme et qui me pousse vers l’obscurité.

J’oscille entre l’ombre et la lumière. Il parait que chaque être humain a un ange gardien qui veille sur lui. On ne sait pas quelle forme il prendra, un vieil homme, une petite fille, un animal. On ne le voit pas quand il s’approche de nous. On ne l’entend pas quand il nous chuchote à l’oreille. Il nous guide sur le droit chemin, nous envoie des signes. Il nous aide à survivre à cette vie douloureuse et semée d’embûches. Chaque humain à un ange gardien qui le guide, moi je n’ai personne. Car il n’y a pas d’anges pour les anges…

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